4ème étage, Madame Nsimba

Madame Nsimba, la trentaine, agent hospitalier, deux enfants

4ème étage, Madame Nsimba
Nsimba
Avant d’habiter ici, j’étais logée dans 10m2 avec mes deux enfants. C’était trop dur, même pour les enfants, c’était trop dur. Ça faisait longtemps que je cherchais un appartement. Je me suis inscrite à la mairie et j’ai attendu la réponse pendant plus de cinq ans. Ils ne m’ont pas encore répondu. Dernièrement ils m’ont dit que j’aurai une proposition. Ils m’ont redemandé tous les papiers et je suis toujours en attente.

Quand j’ai entendu parler de cet appartement en colocation, ma première réaction a été mitigée. J’ai hésité, parce que c’est la première fois que je vis avec des gens que je ne connais pas. L’autre possibilité était de rester dans nos 10 m2, le temps d’attendre la décision de la Mairie, mais vu nos conditions de vie dans notre ancien espace, je ne pouvais plus attendre. Le jour où je suis venue visiter et l’appartement, c’ était super ! Il y avait plus d’espace pour les enfants et j’ai dit oui, je vais prendre. Les enfants sont très très contents. Mon fils Jean-Paul a 6 ans et à chaque fois que je dois retourner à notre ancienne adresse pour prendre le courrier, il ne veut pas m’accompagner. Il ne veut pas retourner là-bas. Il pleure. Il ne veut pas y retourner. Il veut rester ici.

Ici, les enfants ont changé. Jean-Paul a pris l’habitude de rester dans sa chambre. Avant nous n’avions pas de chambre, on dormait ensemble, sur le même lit. Ici, dans sa chambre, il regarde la télé. Il aime que la lumière soit éteinte pour qu’il puisse se concentrer sur ses dessins animés. Même son frère ne peut pas le déranger quand il regarde la télé. Maintenant qu’il est au CP, il peut aussi se concentrer sur ces devoirs, dans sa chambre. Il est sérieux, la maîtresse me dit que ça se passe bien.

Au début, vivre avec d’autres, c’était un peu difficile, mais on s’y est habitué. Maintenant c’est plus facile. Grâce à l’espace, c’est une autre façon de vivre. Tout a changé. Quand je pousse la porte, je sens que l’air passe aussi. Avant, tout était confiné, trop coincé, beaucoup trop. On vivait tous les trois sur le lit. On n’avait pas d’autre place que l’espace entre ce lit et la télé. Même pour manger, c’était sur le lit. Pour Magloire, mon plus jeune fils, c’était trop dur. Vivre avec d’autres ? Maintenant qu’on se comprend mieux, ce n’est pas difficile.

Je vais rester ici le temps qu’il faudra à la Mairie pour me trouver un appartement social. Je suis bien ici avec les enfants. Quand je sors faire des courses, les enfants restent avec Denise. Les enfants, vous savez, ils adorent bien Denise.

Avant, je payais 450€, plus les charges pour les 10m2. Aujourd’hui c’est 600 euros et 150€ pour l’électricité et les charges et tout ca. Il n’y a qu’une différence de 150 euros entre avant et maintenant où j’ai deux chambres, notre salle de bains à nous, et la grande cuisine et le salon en commun. 150€, pour une autre vie ! Avant, vous savez, quand un journaliste voulait poser des questions sur les gens mal logés, on l’envoyait chez moi. Aujourd’hui, c’est à mes collègues de travail que je raconte où et comment on vit maintenant. Elles sont surprises. Avec mon téléphone, j’ai filmé notre appartement pour leur montrer. La cuisine, le salon, ma chambre, l’autre chambre des enfants, notre propre salle de bains …Tous m’ont dit que c’est beaucoup mieux qu’avant. (rires) !


Plan Appartement Chabrol – Paris 10ème
Plan amenagement type
d'un grand la intergénérationnel

A vous la parole